ÉCOLE ET CINÉMA

La FCCM coordonne et anime dans le Biterrois, les dispositifs d'éducation à l'image : École et cinéma [»]. Elle accompagne les élèves dans leur découverte du 7e art, participe à la formation des enseignants et anime des ateliers pédagogiques.

 

École et cinéma — 2015-2016

EN NOVEMBRE
Les Aventuriers — Programme constitué de 5 courts métrages, 68 min.

· Le Moine et le poisson : Michaël Dudok De Wit, 1994, France, 6'24, couleurs, animation, aquarelle et encre de chine.

· Rentrée des classes : Jacques Rozier, 1955, France, 22'43, noir et blanc.

· Le Hérisson dans le brouillard : Youri Norstein, 1975, U.R.S.S, 9'54, couleurs, papier découpé.

· La Première nuit : Georges Franju, 1958, France, 18'30, noir et blanc.

· Le Jardin : Marie Paccou, 2002, France, 6'00, couleur, peinture sur verre.

EN DÉCEMBRE

Chantons sous la pluie : Gene Kelly et Stanley Donen, États-Unis, 1951, 102 MIN.

Soir de première à Hollywood : devant une foule en délire, Don Lockwood, accompagné de l'autre star du moment, Lina Lamont, et de son ami le plus proche, Cosmo Brown, raconte au micro l'histoire – enjolivée - de sa carrière, qu'il dit dominée par un seul objectif : rester digne ! Dans sa course pour échapper à ses fans, il atterrit dans la voiture de Kathy Selden, une jeune comédienne qui le snobe. Pourtant, tous deux, sans le savoir, vont à la même soirée, chez le producteur R.F Simpson qui offre ce soir-là une démonstration de film parlant à ses invités blasés. Arrive le tour des attractions et Kathy sort d'un gâteau : elle est danseuse et non pas actrice de théâtre ! Don se moque d'elle, de colère, Kathy lui destine une tarte à la crème qui, en fait, atteint Lina. La star, furieuse, la fait renvoyer. La production cinématographique est bouleversée par le succès du cinéma sonore : le tournage du film de Don et Lina, qui était muet, est donc arrêté. Catastrophe ! Pour sauver The Duelling Cavalier, on le transforme d'abord en film parlant, mais la voix nasillarde de Lina fait tout rater. Puis, on tente le « musical ». Cosmo propose de faire doubler la voix de Lina par celle de Kathy (que Don, amoureux, a fini par retrouver). Transporté par l'amour partagé avec Kathy et probablement aussi par ce sauvetage inespéré, Don chante sous la pluie. Lina, jalouse, obtient de Simpson que sa rivale soit réduite à n'être que sa doublure.Le film sort et remporte un succès immédiat. Dans sa mégalomanie et sa bêtise, Lina veut à la fois dominer Don qui ne l'aime pas, Kathy qui a une plus belle voix qu'elle et le producteur Simpson. C'en est trop ! Le soir de la première, Don, Simpson, et Cosmo lèvent le rideau de scène et révèlent qui chante vraiment derrière, qui est donc la vraie star, Kathy. Et l'ex-chanteur de bastringue et l'ex-chorus girl vécurent heureux...

EN JANVIER

Nanouk l'Esquimau : Robert J. Flaherty, Etats-Unis, 70 MIN.

Là-haut dans l'Arctique canadien. Profitant de la saison d'été, Nanouk et sa famille, accompagnés d'autres Inuits, montent à bord d'un omiak pour rejoindre par la mer un comptoir. À peine arrivé, Nanouk échange les peaux d'ours et de renards qu'il a chassés contre des produits de première nécessité ou des friandises pour ses enfants. Nanouk s'étonne devant un étrange objet de la civilisation : un gramophone. D'où sort la voix de celui qui chante ? Les obligations de chasse et de pêche reprennent le dessus. Nanouk doit repartir en quête de nourriture. Des morses sont signalés sur une île lointaine. Il était temps ! C'est une chasse dangereuse, c'est big aggie* pour Nanouk. Le morse, appelé le « tigre du Nord », pèse deux tonnes. Il faut s'y mettre à trois ou quatre pour le tirer et le hisser sur terre pour le manger. Plus douce mais non moins technique, la pêche au saumon. Nanouk y est plus rêveur. L'hiver durcit le paysage de concrétions de glace. Nanouk construit son igloo pour ne pas mourir de froid pendant la nuit. Pendant ce temps, les enfants jouent. Il faut repartir, toujours repartir, toujours prévenir la hantise de la faim. Nanouk rétablit l'autorité du chef de meute un moment contesté. Coups de fouet, le traîneau file vers un nouveau trou de respiration. Nanouk l'observe et attend. Au fond se tient un phoque, le gibier par excellence pour lui. Le phoque est son mammifère le plus quotidien. Avec sa prise il tiendra plusieurs jours sans crier famine. Séquence du suspense time et du happy end : toute la famille accourt pour donner un coup de main à Nanouk pour dégager le phoque de son repaire souterrain. Que la nature accouche bien ! Au forceps, mais tout de même. Dévorer le phoque ne peut attendre. Le partage de sa chair entretient la vie sociale des Inuits. Pendant ce temps, les chiens montrent leurs crocs, eux aussi ont faim. La nuit arrive. Nanouk se remet en route. Il tombe enfin sur un igloo abandonné où il passera la nuit. La dernière séquence du film alterne des plans de Nanouk et sa famille blottis dans l'igloo et des plans des chiens de traîneau couchés dehors, recouverts de neige, figés par le froid et la glace. Le dernier plan du film est un gros plan de Nanouk. Il dort. Rêve-t-il de ses chiens ?

*"La grande chasse, formé d'un mot anglais et d'un mot du dialecte Inuit. Cette expression fonctionnait comme un mot de passe entre Nanouk et Flaherty. La chasse à l'ours, c'est big, big aggie." (extrait du Cahier de notes sur... par Pierre Gabaston).

EN FÉVRIER

E.T. l'extraterrestre : Steven Spielberg, Etats-Unis, 1982, 110 minutes.

Des extraterrestres à bord d'une soucoupe volante atterrissent en pleine nuit dans une forêt aux environs de Los Angeles, pour une mission d'exploration botanique. Mais, des hommes finissent par repérer les intrus et le vaisseau s'envole précipitamment, laissant sur Terre l'un d'entre eux. À la recherche d'un refuge pour échapper à ses poursuivants, la créature se dirige alors vers le jardin d'un pavillon de banlieue où vivent une mère seule et ses trois enfants. Il est très vite découvert par l'un d'entre eux, Elliott, un jeune garçon de 10 ans. Aidé par son grand frère et sa petite sœur, il va accueillir l'extraterrestre dans sa chambre et tout faire pour garder secrète la présence de ce nouvel ami qu'il nommera E.T. Malgré le lien très fort qui unit Elliott et l'extraterrestre, ce dernier va peu à peu exprimer son désir de retrouver les siens. Alors que Elliot aide E.T à fabriquer un moyen de communiquer avec ses congénères, la santé de l'extraterrestre décline subitement et entraîne avec lui le jeune garçon vers la mort. Au même moment, l'armée découvre la présence de l'extraterrestre et investit les lieux. La maison familiale est envahie par des hommes en uniforme tandis que les pièces sont transformées en hôpital. Aidé par son grand-frère et ses amis, Elliot parvient finalement à exfiltrer E.T pour rejoindre la forêt où la soucoupe volante est revenue pour récupérer l'extraterrestre.

EN MARS

Le Roi et l'Oiseau : Paul Grimault, France, 1979, 85 min.

L'Oiseau présente l'histoire dans laquelle il s'illustra... Dans son immense et luxueux palais bâti au milieu de nulle part, le Roi Charles Cinq et Trois font Huit et Huit font Seize de Takicardie distrait sa solitude en tirant sur d'innocents volatiles – presque toujours sans succès car il louche affreusement. Cette activité lui attire l'hostilité de l'Oiseau-père, qui trouve bientôt une occasion de venger sa famille. Le despote convoite une Bergère, elle-même amoureuse d'un Ramoneur qui le lui rend bien. Le jeune couple s'évade des tableaux où ils sont peints, mais leur bonheur est de courte durée : le Roi – ou plutôt son double peint – les pourchasse avec toute sa police et un gigantesque Robot destructeur. Grâce à l'assistance et à la ruse de l'Oiseau, après bien des péripéties et des dangers, le Ramoneur et son bienfaiteur arrachent la Bergère aux griffes du Roi au moment même de leur mariage et délivrent le peuple opprimé de la Ville Basse. Le Roi disparaît à tout jamais tandis que le Robot passe dans le camp des libérateurs en écrasant d'un poing puissant la cage-symbole de la tyrannie.

EN MAI

Le Voyage de Chihiro : Hayao Miyazaki, Japon, 2001, 2h02.

Chihiro est une petite fille de dix ans, grincheuse et gâtée, recroquevillée à l'arrière de la voiture de ses parents. Ils approchent de leur nouvelle maison, et elle est triste de quitter sa vie d'avant. Par erreur, s'étant engagés dans une « forêt obscure », ils se retrouvent dans un parc de loisirs abandonné. Par goinfrerie, ayant perdu la « voie droite », le père et la mère sont magiquement transformés en cochons. Chihiro est alors brutalement embarquée dans un cauchemar incompréhensible au royaume des ombres. Elle devient l'humble travailleuse, d'abord clandestine puis sous contrat – mais la patronne est une sorcière diabolique – d'un immense établissement de bains anachronique, qui œuvre au repos temporaire des innombrables esprits de la nature de la tradition shintoïste. Rien n'est normal dans cet univers tantôt sous - et tantôt sur-humain, sauf les règles de la vie en communauté, du travail, de la solidarité, de l'amitié et de l'amour qui, elles, sont rigoureusement celles de notre monde, et que Chihiro apprend très vite et très rudement. Elle parvient à ne pas se laisser réduire, et à conserver son intégrité et sa mémoire alors que son nom même lui est dénié. C'est de cette manière qu'elle se sauve elle-même et parvient à racheter la métamorphose infamante de ses parents, retrouvés au finale comme si rien n'avait eu lieu (... que le lieu lui-même et son animation, dans toutes ses possibilités d'aventure).