RESSORTIES

RESSORTIES

 

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La Vache de Dariush Mehrjui (1969)
— Ressortie d'un film essentiel de la cinématographie iranienne
La Vache est le deuxième film de la désormais longue carrière de Dariush Mehrjui et le film instigateur de la nouvelle vague iranienne des années 70. Précédé par quelques œuvres rares (La Nuit du bossu de Farrokh Ghaffari en 1964), poétiques (La Maison est noire de Forrough Farrokhzad, le chef-d'oeuvre incontournable de 1962) et hybrides (La Nuit où il a plu de Kamran Shirdel en 1967), La Vache représente en quelque sorte le manifeste de ce premier véritable souffle cinématographique sur l'Iran du Shah. Faisant suite à plusieurs cinéastes de sa générations s'étant lancés dans le court-métrage au cours des années 60 et gradués de l'école de cinéma d'Italie où l'influence du néo-réalisme naitra pour se retrouver encore aujourd'hui chez des cinéastes comme Kiarostami.
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Les voyages de Sullivan de Preston Sturges (1941)
Las de réaliser des comédies insipides, un célèbre metteur en scène d'Hollywood, John L. Sullivan, décide de mettre en scène un film réaliste. Pour ce faire, il décide de partager la vie des clochards pour mieux comprendre les aspirations des milieux défavorisés. Un petit bijou de comédie intelligente, d'actualité et non seulement par son aspect cinématographique. Pour les ciné-clubs curieux un DVD de visionnage est disponible.
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Les sept samouraïs de Akira Kurozawa (1954)
Au Moyen Age, la tranquillité d'un petit village japonais est troublée par les attaques d'une bande de pillards. Sept samouraïs sans maître acceptent de défendre les paysans impuissants
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Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy (1963)
— Une souscription a permis une ressortie restaurée et en numérique
Novembre 1957. Geneviève Emery vit avec sa mère, une veuve désargentée qui tient un magasin de parapluies à Cherbourg. En dépit de la désapprobation de Madame Emery, Geneviève aime le garagiste Guy Fouchet. Ils se jurent une passion éternelle et font des rêves d'avenir. Hélas, Guy doit faire son service militaire en Algérie. La veille de son départ, Geneviève se donne à lui...
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Femmes au bord de la crise de nerfs de Pedo Almodovar (1988)
— copies restaurées
Ivan et Pepa, deux comédiens de doublage, prêtent leur voix aux grandes stars du cinéma et se jurent chaque matin dans la pénombre du studio un amour éternel. Mais Ivan abandonne subitement Pepa. Celle-ci va mener son enquête et découvrir la double vie de l'homme qu'elle aime.
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Le fils unique de Yasujiro Ozu ( 1936)
— copies restaurées
À Shinshu, petit village de montagne au centre du Japon, une fileuse de soie élève seule son fils Ryosuke. Bon élève, celui-ci est en âge d'aller au lycée mais la mère s'y oppose car les études sont trop coûteuses. Elle finit néanmoins par accepter, faisant le choix de tout sacrifier pour l'éducation de son fils. Treize années plus tard, Ryosuke s'est installé à Tokyo et sa mère lui rend visite pour la première fois. Malgré les efforts de son fils pour l'accueillir, celle-ci découvre qu'il vit dans une situation précaire, déçu par les promesses de la grande ville.
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Cassavetes

La ressortie de cinq films de JOHN Cassavetes

Le père spirituel du cinéma indépendant américain, John Cassavetes, est mort en 1989, Peter Falk est tombé au champ d'honneur en juin 2011 bientôt rejoint par Ben Gazzara (en février 2012). Le trio ivre de Husbands se marre (ou pas) six pieds sous terre et on imagine (mal) la solitude de l'impératrice Gena Rowlands qui a survécu à tous les drames. Elle a eu 82 ans en juin. La ressortie de cinq films de Cassavetes en version numérique est une nouvelle occasion de voir les désormais classiques Shadows, Faces, Une femme sous influence, Meurtre d'un bookmaker chinois (une version longue, inédite), et Opening Night. On verra, une fois encore, à quel point le cinéaste et acteur dynamite la durée des scènes et porte l'art du montage à un point inédit d'incandescence.

— DVD disponible pour les responsables de ciné-clubs membres de la FCCM

 

SCHLESINGER

JOHN SCHLESINGER : Billy Le Menteur, Un amour pas comme les autres... et Darling

Billy Le Menteur avec Tom Courtenay et Julie Christie (1963)
Dans une ville de province du nord de l'Angleterre, Billy Fisher qui vit toujours chez ses parents, est un employé de bureau dans une entreprise de pompes funèbres. Pour fuir cette morne existence, il se réfugie dans ses rêves, s'inventant un pays dont il est le héros. Il a de surcroît promis le mariage à plusieurs filles, se mettant ainsi dans des situations impossibles. Seule, Liz le comprend et essaie de le sortir de son monde imaginaire en l'invitant à venir avec elle à Londres.

Un amour pas comme les autres... avec Alan Bates et June Ritchie (1962)
Vic Brown fait « ce que l'on doit faire » et épouse sa petite amie Ingrid lorsqu'elle apprend qu'elle est enceinte, bien qu'ils ne soient liés que par une attirance purement physique. La vie commune devient de plus en plus lourde lorsque la mère d'Ingrid, une femme possessive et insupportable, vient vivre avec eux, et s'acharne à provoquer des tensions entre les deux jeunes gens.

Darling avec Julie Christie et Dirk Bogarde (1965)
Diana Scott est une «enfant gâtée», consciente de sa beauté. Elle a épousé, jeune, un candide jeune homme mais ce mariage est un échec. Elle devient mannequin, lancée par Robert Gold, un reporter de télévision, qui a quitté sa famille pour elle. Mais Diana abandonne son amant pour un bel homme d'affaires puis pour un prince italien. Elle prend peu à peu conscience du monde artificiel dans lequel elle vit.

 
dsirk

CINQ CHEFS-D'ŒUVRE DE DOUGLAS SIRK RÉÉDITÉS EN COPIE NEUVE

Écrit sur du vent — sortie le 12.09.2012
Le fils d'un roi du pétrole tombe amoureux d'une jeune femme que lui présente son meilleur ami, lui aussi amoureux d'elle. Elle a l'espoir de le guérir de son alcoolisme. Mais le couple va de mal en pis. Alors qu'il la frappe, un coup part et il est mortellement blessé. Son ami est aussitôt accusé du meurtre.

Mirage de la vie — sortie le 19.09.2012
Dans les années 50, une jeune veuve désireuse de devenir comédienne, fait la connaissance d'une femme noire, dont la fillette a la peau blanche. Unissant leur infortune, les deux femmes décident de vivre et d'élever leurs fillettes
ensemble. Dix ans plus tard, chacune entre en conflit avec sa fille devenue adolescente.

Le Temps d'aimer et Le Temps de mourir
En 1944, un soldat allemand revient du front russe pour trois semaines de permission. Il trouve sa ville en ruines et sa maison enfouie sous les décombres. Alors qu'il recherche ses parents disparus, il rencontre la fille du médecin de la famille, envoyé dans un camp de concentration. Immédiatement attirés l'un par l'autre, les deux jeunes gens vont connaître un bonheur précaire au milieu des bombardements, dans un monde qui agonise.

La Ronde de l'aube — sortie le 03.10.2012
« On doit parfois revenir, même si c'est juste pour détester ce fichu bled si confortable pendant deux ou trois jours. » (William Faulkner, Pylône)
Pendant la Dépression, des pilotes risquent leur vie en faisant la course autour de piquets situés de part et d'autre d'un aérodrome. Un pilote, ancien as de l'aviation de 14-18, dont le tempérament s'aigrit dès qu'il remet pied à terre, délaisse sa compagne qui est approchée par un journaliste.

Tout ce que le ciel permet — sortie le 10.10.2012
Dans une petite localité de la Nouvelle-Angleterre, une veuve d'âge mûr que ses enfants et sa meilleure amie poussent à se remarier avec un quinquagénaire aisé, est séduite par son jardinier, de quinze ans plus jeune qu'elle. Celui-ci partage ses sentiments mais leur liaison ne tarde pas à être décriée, voire combattue.

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garconniere

LA GARÇONNIÈRE (1960) DE BILLIE WILDER
AVEC AVEC JACK LEMMON ET SHIRLEY MAC LAINE
LE 11 JUILLET 2012 EN COPIE NEUVE
Un film entre burlesque et émotion, un chef d'œuvre doux-amer. Baxter est employé à la Sauvegarde, grande compagnie d'assurance. Dans l'espoir d'un avancement il prête souvent son appartement à ses supérieurs qui y emmènent leurs petites amies. Un jour le chef du personnel le convoque et lui apprend qu'il sait tout et lui demande aussi sa clé. Baxter est enfin promu. Mais ce qu'il ignorait c'est que le chef du personnel emmenait dans son appartement la femme dont il était amoureux.

 

Allez

ALLEZ COUCHER AILLEURS DE HOWARD HAWKS, ÉTATS-UNIS (1949)
Les amours mouvementées et rocambolesques de deux agents secrets, l'un français, l'autre américain, en mission en Allemagne en 1945. Ce qui est en cause, aussi, dans ce film, c'est l'idée que chacun se fait de l'autre. Pour le Français, l'Américaine n'est forcément qu'un glaçon, pour elle, il n'est qu'un séducteur que le moindre jupon affole. Or, à touches successives qui ne doivent rien à la légèreté mais tout au comique le plus efficace (l'épisode de la poignée cassée et de la nuit dans une auberge allemande), Hawks remet les choses en place : aucun des deux n'est ce que croit son partenaire. Tout cela dit avec l'efficacité d'une force comique et la science d'une mise en scène qui firent que les films comme celui-là furent aimés d'un grand public et valurent à leur auteur, plus tard, d'entrer au Panthéon des Cahiers du cinéma. Paradis perdu ? Allez coucher ailleurs de Howard Hawks est un divertissement de premier plan proposant de surcroît une analyse décapante des rapports hommes/femmes.

 
Alpha

ALPHAVILLE DE JEAN-LUC GODARD, FRANCE (1965)
Lamy Caution, agent secret vient des Pays extérieurs pour détruire Alphaville, soumise au pouvoir terrifiant de l'ordinateur Alpha60. S'étant épris de Natacha, la fille du professeur von Braun, il accomplira sa mission et sauvera la jeune fille en lui apprenant à dire les mots interdits à Alphaville : « Je vous aime ».
« Nous tenons à dire pour terminer que la dernière séquence d'Alphaville est à elle seule un chef-d'œuvre, l'une des choses les plus bouleversantes à laquelle il nous ait été donné d'assister. Godard a filmé son terrien Lemmy Caution repartant, avec la fille de von Braun, vers la Terre ancienne, s'éloignant doucement, dans la nuit, par les boulevards périphériques d'Alphaville. Cela est fait de telle manière que l'on a le cœur serré, parce qu'il est alors évident que la Terre, qui les attend, ne vaut guère mieux... Pour cette séquence parmi d'autres, Alphaville est, dans notre monde du dérisoire, une grande aventure. » (Le Nouvel Observateur)

 
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LE BAL DE ETTORE SCOLA, ITALIE (1983)
Dans une salle de bal redéfile l'histoire de la France, des années 20 aux années 80, au gré des musiques qui ont rythmé ces décennies. Le Front Populaire, la Seconde Guerre mondiale, la Libération et Mai 68 sont ainsi évoqués sur fond de jazz, de rock'n'roll et de musique disco.
Propos d'Ettore Scola : « Ce sont des gens qui vivent une petite vie, faite de petites hypocrisies et de petites misères. Des gens qui ont un peu vu passer l'histoire, quelquefois ont fait semblant de ne pas la voir, et la plupart du temps ne l'ont pas vue du tout. » MAGNIFIQUE COPIE RESTAURÉE.

 
Illusion

LA GRANDE ILLUSION DE JEAN RENOIR, FRANCE (1937)
La Grande Illusion, chef-d'œuvre français avec Jean Gabin et Pierre Fresnay, ressort au cinéma dans une version magnifique. Tourné en 1937, le film raconte la vie de soldats français prisonniers de l'armée allemande pendant la "der des ders". Il y a Erich von Stroheim et Pierre Fresnay, alias von Rauffenstein et de Boëldieu, Jean Gabin et Marcel Dalio, le géranium du commandant et le désir de Jean Renoir de dire l'absurdité de la guerre.
« La peinture de ce milieu me permettait d'insister sur une théorie qui m'a toujours été chère que les hommes ne se divisent pas en nations mais peut-être en catégories de travail. C'est ce que l'on FAIT qui est notre véritable Nation. » (Jean Renoir)

 
if

IF DE LINDSAY ANDERSON, GRANDE-BRETAGNE (1969)
Un petit groupe d'élève plus âgé, les Whip (fouet en anglais et cela prend tout son sens) se charge de la surveillance des autres dont se sont déchargé les professeurs. L'ensemble des échanges reposent sur les rapports de force et de domination (lorgnant ouvertement le temps d'une scène vers le sadomasochisme) où les Whip abusent de leur autorité pour régler leur compte et soumettre les plus récalcitrants aux punitions les plus cruelles.
Le film remportera la Palme d'or à Cannes en 1969. Malcolm McDowell qui dans son premier rôle délivre à l'état brut son ambiguïté mi-ange mi-démon et sera remarqué par Kubrick qui en fera le célèbre Alex de Orange Mécanique.

 
Mikey

MIKEY ET NICKY DE ELAINE MAY, ÉTATS-UNIS (1976)
En proie à une crise de paranoïa aiguë, Nicky a demandé à son ami de le rejoindre pour l'aider à fuir la ville. Il vient d'apprendre qu'il est menacé de mort par une organisation mafieuse. A son chevet, Mickey (Peter Falk, qui cultive ici l'ambiguïté à merveille) est bouleversant de tendresse, d'empathie, d'une douceur fraternelle qui contraste avec la violence dont il est capable. Ensemble, les deux hommes se lancent dans une longue dérive qui va les emmener jusqu'au petit matin, et qu'Elaine May écrit comme un collage de séquences qui sont autant de jets puissants, explosifs, et dans lesquelles le temps prend une densité vertigineuse.
« Discrètement, la cinéaste met en scène toute une galerie de personnages qui sont autant de perdants, échoués sur le bas-côté du rêve américain. Elle les élève au rang de héros tragiques, les fait un instant accéder au sublime. » (Isabelle Regnier, Le Monde)

 
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MISS MANTON EST FOLLE DE LEIGH JASON, ÉTATS-UNIS (1938)
Miss Manton, millionnaire excentrique découvre par hasard le cadavre d'un de ses amis, mais à l'arrivée de la police le corps a disparu et Miss Manton est la proie des quolibets de la presse et notamment du jeune journaliste Bernard. Afin de prouver sa bonne foi, la jeune femme mène elle-meme l'enquete, et au cours de ses investigations retrouve le jeune journaliste qui s'éprend d'elle... Ce mélange détonant de classes sociales - policiers et femmes de la haute, à qui s'ajoute le traditionnel journaliste interprété par Henry Fonda - aboutit à un joyeux méli-mélo invraisemblable dont personne ne ressort véritablement grandi.
« Une "petite" screwball comedy d'un réalisateur a priori absolument inconnu, où l'on retrouve le couple Henry Fonda/Barbara Stanwyck pour leur premier duo de vedettes embarquées dans des situations loufoques à souhait, riches d'une galerie de gags à l'humour décapant - et (quel bonheur) pas toujours très politiquement correct. » (Ophélie Wiel, Critikat)

 
Welcome

WELCOME IN VIENNE DE AXEL CORTI, SUISSE, AUTRICHE, ALLEMAGNE (1982-1986)
Voilà vingt-cinq ans que la trilogie Welcome in Vienna de l'Autrichien Axel Corti attendait la sortie qu'elle méritait sur les écrans français. Librement inspirés de la vie du scénariste Georg Stefan Troller entre 1938 et 1946, les personnages de Wohin und Zurück racontent une histoire oubliée de la Seconde Guerre mondiale, celle des migrants : exilés juifs, résistants allemands de la première heure, réfugiés ballottés de consulats en camps d'internement, traités en parias et livrés aux bourreaux qu'ils cherchaient à fuir. La scène d'ouverture où le jeune Ferry, Candide devant l'horreur, assiste au massacre des siens la nuit du 9 novembre 1938, a été vécue par Troller. GI. Dieu ne croit plus en nous, premier épisode de la trilogie, le représente sous les traits d'un adolescent inquiet, Ferry Tobler, que la guerre n'épargnera pas. Arrivé sur un cargo de tôle fragile à New York, il se noie à quelques mètres de la terre promise dans les premières minutes du deuxième volet de la trilogie, Santa Fe, qui s'ouvre sur la découverte d'un nouveau monde aussi sombre que l'ancien. Nul héroïsme dans ces récits d'exil. Il n'est pas de salut pour les justes. « L'ultime épisode a des accents brechtiens sans conteste le plus sombre de la trilogie, Welcome in Vienna clôt l'une des réflexions les plus puissantes au cinéma sur la nature humaine, loin des poncifs d'un héroïsme de commémoration.» (Alice Leroy, Critikat)

 
DeepEnd

DEEP END DE JERZY SKOLIMOWSKI, ÉTATS-UNIS (1970)
Adolescent de 15 ans, Mike se rend à son tout premier jour de travail : il vient d'être embauché dans un établissement de bains publics de l'East End londonien. Sur place, sa collègue Susan est chargée de lui présenter les lieux. Le jeune homme est tout de suite attiré par cette jolie rousse plus âgée que lui. Alors qu'il découvre une atmosphère étrange autour de la piscine, Mike doit faire face aux avances d'une cliente échaudée. Peu à peu, Susan joue avec l'inexpérience du garçon, profitant de son admiration candide pour le faire plonger dans une dangereuse spirale de fantasmes et d'obsession...
« Avec Deep End, Jerzy Skolimowski a enfin réussi la synthèse parfaite : la passion sans hystérie, l'intelligence sans arrogance et la compassion sans fausse plaidoirie. Deep End possède l'étoffe des meilleurs Godard, Truffaut, Polanski et consorts. Ce n'est rien de moins qu'une œuvre de génie, toutes qualités cinématographiques confondues, tant sur le plan visuel que sur le plan psychologique. » (Andrew Sarris)
« Jerzy Skolimowski, l'oeil du peintre : Le cinéma de Jerzy Skolimowski ne ressemble à aucun autre, à l'image de cet artiste protéiforme qui se définit aussi bien comme un peintre ou un poète et qui a été boxeur dans une vie précédente. Devant Deep End, on est saisi par l'éclatant équilibre des couleurs et la finesse de la composition picturale. Des murs entiers peints en vert, rouge, jaune, comme chez Jacques Demy. La chevelure rousse de Jane Asher détourée par la neige, on pourrait être chez Douglas Sirk. Et à chaque instant, la puissance visuelle de l'image concentre les émotions contradictoires des personnages, s'attirant ou se repoussant en une abstraction sentimentale.
« Il y a des films sublimes dont on ne peut parler avec personne. Ils échappent aux histoires officielles du cinéma, disparaissent pendant des années, avant d'être injustement oubliés. Deep End est de ceux-là. Je l'ai aimé tout de suite, et il n'a cessé de me hanter depuis que je l'ai découvert. » (Nicolas Saada)

 
LeTambour

LE TAMBOUR DE VOLKER SCHLÖNDORFF, POLOGNE, ALLEMAGNE, FRANCE, YOUGOSLAVIE (1979), D'APRÈS LE ROMAN DE GÜNTER GRASS, SCÉNARIO DE JEAN-CLAUDE CARRIÈRE, FRANZ SEITZ, VOLKER SCHLÖNDORFF.
Le tambour remastérisé et retravaillé par le réalisateur avec des scènes rajoutées et d'autres remontées. Palme d'Or - Cannes 1979. Oscar du Meilleur Film en Langue Étrangère, 1980.
« C'est d'abord un film réaliste, profondément plongé dans la petite bourgeoisie de Dantzig, avec ses mesquineries, ses terreurs, ses rêves, et avec parfois même une certaine grandeur. C'est aussi un film fantastique et barbare, où des éclairs de lumière noire transpercent tout à coup les rues de banlieue, les petits commerces, la monotonie, la vie quotidienne. Une fable fantastique et brillante. » (Jean-Claude Carrière)

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cyclone

CYCLONE À LA JAMAÏQUE (1965) DE ALEXANDER MACKENDRICK, AVEC ANTHONY QUINN, JAMES COBURN.
XIXe siècle. À la suite d'un terrible cyclone qui s'est abattu sur la Jamaïque, un couple de planteurs anglais décide de mettre ses enfants à l'abri en les envoyant par bateau en Angleterre. Mais leur navire est attaqué par des pirates qui, sans le savoir, embarquent les enfants avec le butin. Chavez, le chef des pirates, les prend sous sa protection et instaure avec eux une relation ambiguë, à l'image de la tendresse coupable que lui inspire la fille aînée. Sa beauté réside dans son étrangeté, son ambiguïté, sa poésie élégiaque et ses bouleversantes ruptures de ton. Ce qui aurait pu être un banal film de pirates devient un conte initiatique fiévreux et sensuel où la mort rôde, que l'on peut comparer aux Contrebandiers de Moonfleet et à La Nuit du chasseur. (Inrock)

 
classe

LA CLASSE OUVRIÈRE VA AU PARADIS (LA CLASSE OPERAIA VA IN PARADISO) DE ELIO PETRI, ITALIE (1971)
Avec Gian Maria Volonte, Mariangela Melato, Salvo Randone...
Lulù Massa, véritable stakhanoviste du travail, est ouvrier modèle dans une usine métallurgique : grâce à son extrême rapidité, son rendement est cité en exemple par son patron. Les autres travailleurs ne voient pas d'un bon oeil ces cadences infernales, et il est détesté de ses collègues dont il méprise les revendications sur les conditions de sécurité au travail. Bercé par les rêves de la société de consommation entre son amie, son fils Arturo resté avec sa mère après le divorce de ses parents, sa voiture et sa télévision, Lulù réalise parfois la vanité de la vie qu'il s'impose. Alors qu'il se coupe un doigt accidentellement les autres ouvriers, par solidarité, se mettent en grève. Cet événement provoque en lui une profonde remise en question. Lulù décide alors de s'investir dans l'action syndicale et engage toute son énergie dans ce nouveau combat. Il soutient alors la nécessité d'une grève illimitée...

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guépard

LE GUÉPARD
Palme d'Or 1963, Le Guépard, septième film de Luchino Visconti, est sans doute l'une de ses plus belles œuvres cinématographiques. Référence incontournable auprès des cinéphiles, une fresque somptueuse. En 1860, Garibaldi débarque de Sicile. Depuis sa villa de Palerme, le prince Salina (Burt Lancaster) regarde de haut ces bouleversements politiques qui conduiront bientôt à l'unification de l'Italie et décide d'arranger le mariage entre son neveu Tancrède (Alain Delon) et Angelica (Claudia Cardinale), la fille d'un propriétaire foncier au pouvoir grandissant. Avec Le Guépard, Visconti signe une fresque élégiaque sur le déclin d'une aristocratie qui, la tête dans un passé fastueux et les pieds dans les palais desquamant, tente de s'adapter à un vent nouveau.

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narcisse

LE NARCISSE NOIR (BLACK NARCISSUS) DE MICHAEL POWELL ET EMERIC PRESSBURGER, ÉTATS-UNIS (1947)
Avec Deborah Kerr, David Farrar, Kathleen Byron, Jean Simmons, Sabu, Flora Robson d'après le roman de Rumer Godden, directeur de la photographie Jack Cardiff.
Une congrégation de religieuses britanniques est chargée de se rendre dans un ancien harem situé sur les contreforts de l'Himalaya, pour y établir un dispensaire. Autour du palais, le vent souffle continuellement et la nature propage une poignante beauté. Les soeurs sont aidées dans leurs tâches par Dean, un agent anglais installé dans la région depuis longtemps. Rapidement, la sœur supérieure Clodagh s'offusque de la conduite grossière et dissolue de ce dernier. Au sein de la communauté, les tensions s'exacerbent et les nonnes traversent des épreuves pesantes, aussi bien pour le corps que pour l'esprit. «Les films de Michael Powell et Emeric Pressburger sont grandioses, poétiques, remplis de sagesse, d'aventure et d'obstination, en extase devant la beauté, qu'elle soit naturelle ou recréée, profondément romantiques mais pourtant dépourvus de tout compromis.»  (Martin Scorsese)

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séduite

SÉDUITE ET ABANDONNÉE (SEDOTTA E ABBANDONATA) DE PIETRO GERMI (1964)
Avec  Stefania Sandrelli, Saro Urzi, Aldo Puglisi.
Peppino habite une petite ville de Sicile. Fiancé à Mathilde Ascalone, il abuse de Agnese, la soeur de Mathilde. Lorsque le père, Vincenzo Ascalone, apprend le déshonneur de sa fille qui maintenant attend un enfant de Peppino, il enferme la fautive et espère convaincre le coupable de réparer son erreur.
Un beau noir et blanc sur une copie de grande qualité. Des gros plans de visages .Des femmes sous leurs habits noirs qui absorbe la chaleur étouffées par les hommes au nom de l'honneur.

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EISENSTEIN

2011 : RÉTROSPECTIVE EISENSTEIN
Avec les nouvelles copies 35 mm de La grève, Le cuirassé Potemkine, La ligne générale, Le journal de Gloumov, Le pré de Béjine, Alexandre Nevski, Octobre, et de Ivan le terrible.

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le monde sur le fil

LE MONDE SUR LE FIL (WELT AM DRAH) DE RAINER WERNER FASSBINDER, ALLEMAGNE (1973)
Attention durée : 205 minutes.
Vollmer est-il mort par accident ou a-t-il été assassiné ? Était-il, lui aussi, et le monde qui l'entoure, un artefact ? C'est ce que va tenter de découvrir son assistant, Fred Stiller, désigné à sa succession par l'inquiétant directeur de l'Institut Siskins. La suite de l'histoire est un véritable tourbillon qui conjugue le suspense d'un thriller paranoïaque, le vertige d'un récit d'anticipation, entre réel et virtuel, et l'utopie romantique de l'amour fou.

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Adalen

Adalen 31 de Bo Widerberb, Suède (1969)
1931. A Adalen,au nord de la Suède, la grève a débuté depuis 93 jours. Kjell Andersson,fils d'un docker, s'éprend d'Anna, la fille d'un directeur d'usine. La revendication se durcit quand les patrons font appel à des Jaunes, des ouvriers d'autres provinces, pour faire le travail des grévistes. L'armée arrive en ville pour faire respecter l'ordre, et le ton monte. Pendant ce temps, à l'insu des parents, Kjell et Anna sont emportés par leur sentiment.
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moissons

LES MOISSONS DU CIEL (DAYS OF HEAVEN) DE TERRENCE MALICK, ÉTATS-UNIS (1979)
Avec Richard Gere, Brooke Adams, Sam Shepard.
En 1916, Bill, ouvrier dans une fonderie, sa petite amie Abby et sa sœur Linda quittent Chicago pour faire les moissons au Texas. Voyant l'opportunité de sortir de la misère, Bill pousse Abby à céder aux avances d'un riche fermier, qu'ils savent atteint d'une maladie incurable. Mais Abby finit par tomber amoureuse du fermier, ce qui déjoue les plans de Bill.

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